- Senaaaaa ? Senaaaa ! Tu es prête ? Ou tu n'oses pas montrer ton déguisement ? Ahahaha... Quoi qu'il en soit, tu ferais bien de te dépêcher, ou Sara et sa mère vont partir sans nous...
Cela faisait peut-être une heure que nous marchions, Sara et moi en
tête, quelques enfants et leurs parents qui s'étaient joints à nous
suivant de près, et enfin madame Elis et Cid qui fermaient la marche,
lorsqu'arrivant en haut d'une légère crête, nous aperçûmes
les premiers contours de la capitale. A cette vue, je ne pus m'empêcher
de m'arrêter, surprise par la longueur que couvrait la muraille sud...
Je m'étais bien imaginée Prontera plus grande et impressionnante
que Izlude, mais pas d'une telle ampleur !
"
- Hey, Sena, je crois que si tu commences comme ça, tu n'as pas fini
de t'arrêter ! Alors, reprenons, et accélérons le pas,
veux-tu !", me moribonda Sara d'un air rieur. Nos déguisements
ne nous avaient guère respectivement surpris, malgré la discrétion
exagérée dont nous avions fait preuve à cet égard
les quelques semaines avant la fête... Je ne crois pas qu'elle avait
imaginé une seule seconde que je pourrais m'être travestie autrement
qu'en knight, pas plus que je ne crois avoir songé qu'elle aurait pu
revêtir autre chose que l'habit de Kafra qui la faisait tant rêver...
Au fur et à mesure de notre approchée, je pris conscience du
nombre incroyable de caravanes et groupes, déjà stationnées
au pied du mur sud ou qui arrivaient de la même direction que nous...
Et malgré les déguisements et mon savoir très scolaire
de la géographie et des régions du monde, on pouvait sans trop
de mal deviner leur provenance : Payon, Alberta, ou encore Morroc, et même
quelques-uns venus de Comodo. Perdue dans mes observations émerveillées,
je ne m'aperçus que nous étions arrivés que lorsque l'ombre
de la grande arche se dessina devant moi, plus haute que la plupart des maisons
d'Izlude, plus imposante que certains arbres millénaires que j'avais
pu escalader.
"
- On entre dans l'arène, les filles ?, nous demanda Cid, qui s'était
glissé derrière nous.
- On entre !", répondit-on de concert.
Des bouffées de couleurs, rouges, bleues, jaunes, violettes, vertes;
des explosions de musique, de cris enthousiastes, effrayés, surpris;
des éclats de lumière, de chaleur, de sensations diverses; légers
picotements dans la nuque ou frissons dans le bas du dos; c'était tout
cela à la fois et bien plus encore... Des cracheurs de feu, des cracheurs
de glace, des contorsionnistes et des voltigeurs, des hommes qui planaient
légèrement, des femmes dont les jambes s'effaçaient dans
le sol, des joueurs de flûte, de violon, de harpe ou de trompette et
des danseuses, des vendeurs d'armes, de potions, de friandises, de rêves,
des hommes qui jouaient avec les éclairs sous des tonnerres d'applaudissements...
Un feu d'artifice continu qui commençait dans le ciel et se prolongeait
dans ma tête, en un écho perpétuel aussi assourdissant
que grisant.
"
- Et bien ? Qu'en dis-tu ? Est-ce comme tu l'avais imaginé ?",
me souffla Cid à l'oreille. Ce à quoi je ne puis lui répondre
que par un sourire, probablement d'une béatitude ridicule, à en
juger par le fou rire qu'il prit en voyant mon visage.
"
- Bon, Sara, Sena, je suppose qu'il est utopique de penser pouvoir rester groupés
dans une telle foule, et qui plus est, j'ai promis à la fleuriste de
Prontera de l'aider à tenir son stand, donc nous allons nous séparer...
Quelques petites recommandations : n'acceptez rien qui vienne d'inconnus, même à l'apparence
aimable et courtoise ! Dites, vous m'écoutez ? Sinon, faîtes bien
attention à vos bourses, aux hommes qui ne manqueront pas d'être
ivres -aussi nombreux que les voleurs-, et puis tenez, voici la clé de
la chambre que j'ai réussi à réserver à l'hôtel.
Je travaillerai probablement toute la nuit, alors si vous voulez vous reposer,
faîtes à votre guise... Tiens, Sena, fais attention à ne
pas la perdre... Si vous avez besoin d'aide, le stand est près du MagicalTux
Center, demandez à un guide, il vous indiquera le chemin... Et Cid,
arrête de rire, c'est important ce que je leur dis !
- Edna, ce ne sont plus des enfants, je ne crois pas qu'elles manquent de bon
sens à ce point-là... Pas vrai, les filles ? (ce à quoi
nous acquiesçâmes distraitement, fascinées par un jeune
hunter et son numéro de dressage de porings) De toute façon,
je crois qu'elles ne sont plus trop réceptives, là...",
conclut-il en souriant à l'attention de la mère de Sara.
Nous nous retrouvâmes donc livrées à nous-mêmes,
Sara et moi, au beau milieu d'une foule de plusieurs milliers d'êtres
tous plus extraordinaires que les autres, spectacle visuel de tous les instants.
Il se dégageait de chaque déguisement, du plus sobre au plus
fastueux, du plus rapiécé au plus onéreux, une magie que
seules plusieurs semaines de travail, de couture et d'essayages avaient pu
leur apporter. Des kilomètres d'étoffes, de soie, de velours,
de fourrure, brodés avec amour et patience, la plupart du temps en secret,
dans la seule attente de pouvoir être portés, de pouvoir exister
en ce jour incroyable.
"
- Tu ne trouves pas cela triste de penser que toutes ces sublimes parures réintégreront
leurs armoires poussiéreuses dans quelques jours ?, lui demandais-je
entre deux bouchées de pomme caramélisée.
- Franchement, Sena, je crois qu' il n'y a que toi pour penser à cela
en ce moment-même ! Et puis, avoue que cela n'aurait plus de sens ni
de charme si tout le monde s'habillait ainsi tous les jours ! Ce ne serait
plus vraiment la fête du Printemps, sans tous ces déguisements
!
- Vu sous cet angle, tu as probablement raison... Et en parlant de déguisement,
je ne sais pas si celui de Kafra était vraiment une bonne idée...
C'est un peu gênant tout ce monde qui se retourne sur tes longues jambres
!
- Parle pour toi, petite Knight dévergondée !". Et de me
lancer son trognon de pomme à la figure en riant aux éclats.
Rire qu'elle tenta rapidement d'étouffer lorsqu'elle s'aperçut
que le-dit trognon manqua sa cible pour aller heurter la joue d'un jeune mage
qui se trouvait deux pas derrière moi.
" - Je crois que cela vous appartient, mademoiselle... ?, entreprit de commencer
le jeune homme en désignant le reste du fruit incriminé.
- Sara, je m'appelle Sara, et je suis terriblement confuse, je ne voulais pas
vous blesser, je visais mon amie Sena et ..., articula-t-elle en un souffle.
- Ne soyez pas désolée, c'était un fort joli tir, dit-il
sans se départir de son sourire. Et une très habile esquive",
ajouta-t-il prestement à mon attention.
Et sur ces mots, il leva sa main droite à hauteur d'yeux, le trognon posé sur
sa paume, et couvrit le tout de sa main gauche. Puis, après avoir soufflé dans
le trou formé par la jointure de ses pouces, il écarta lentement
ses bras, révélant au fur et à mesure une sublime rose de
glace.
"
- Acceptez que je vous offre ce présent, mademoiselle Sara, en souvenir
de cette rencontre heureuse et disons... frappante !"
J'eus à ce moment-là l'intime conviction qu'il n'en faudrait pas
plus à mon amie pour être séduite par ce mage, et je n'eus
même pas besoin de la regarder pour en avoir la confirmation : ces bégaiements
en dirent plus longs que n'importe quel signe de tête. Comment aurait-il
pu en être autrement, me demandais-je en souriant intérieurement.
Il se dégageait de ce jeune homme aux cheveux blonds mi-longs, au visage
fin et au sourire attendrissant un charme certain. Trop heureuse de deviner la
naissance de sentiments dans le coeur de ma chère Sara, je ne compris
pas tout de suite la raison pour laquelle ses yeux semblaient me jeter des appels
de détresse...
"
- Et bien, je suppose que vous avez encore beaucoup de choses à faire
et... je ne voudrais pas vous mettre en retard... Il y a malheureusement peu
de chances pour que l'on se recroise... toute cette foule...", dit-il à regret.
Le manque de conviction dans les paroles du jeune homme et un petit coup de pied
de la part de mon amie me firent comprendre qu'ils attendaient tous deux de moi
que j'agisse, ce que je fis avec une hardiesse que je ne me soupçonnais
pas.
"
- Oh, non, non, non, vous n'allez pas nous abandonner déjà ! Nous
ne connaissons pas même votre nom alors que vous savez les nôtres,
et qui plus est, vous ne semblez pas accompagné, n'est-ce pas ? Alors
que diriez-vous, si vous n'avez rien de prévu, de vous joindre à nous
?"
Et c'est ainsi que quelques nouveaux bégaiements plus tard, nous nous
retrouvâmes arpentant à trois les rues de la capitale.
" - Que diriez-vous d'un verre d'hydromel ? On l'a bien mérité,
non ?", demanda Elistas (car tel était son nom), ce à quoi
nous acquiesçâmes probablement plus que de raison. "Bon j'aperçois
un marchand, je reviens, vous m'attendez là ?"
Nous nous étions arrêtés sur un des bancs entourant la
fontaine (laquelle semblait être le centre de Prontera), essouflés
d'avoir parcouru sans relâche les nombreuses allées de la cité toute
la matinée.
"
- Tu te rends compte que nous n'avons même pas parcouru toute la partie
sud ?, me demanda Sara. C'est vraiment impressionnant, tu ne trouves pas ?
Et c'est comme si l'on ne sentait pas la fatigue ! On est pris dans une telle
frénésie ! Quoi ? Pourquoi tu me regardes avec ces yeux-là ?
Senaaaa...
- Tu es vraiment sûre que c'est à cause de l'atmosphère
ambiante qu'on ne sent pas la fatigue ? C'est étrange, moi j'aurais
plutôt penché pour une autre raison... Une raison avec des yeux
bleus, par exemple, non ?
- Sena !", s'exclama-t-elle, écarquillant exagéremment les
yeux, avant de s'apercevoir que son semblant d'attitude outrée ne suffirait
pas à me faire changer d'opinion.
"
Bon, d'accord, je le trouve très sympathique et plutôt beau garçon...
Mais ce n'est pas une raison pour te faire des idées ! Je ne suis pas
le genre à m'éprendre de quelqu'un quelques heures après
l'avoir rencontré...
- Oh mais je n'ai jamais dit cela !", me défendais-je (tout en
rajoutant, en mon for intérieur, que "quelques heures" n'était
pas ce à quoi je pensais... plutôt quelques minutes...). "Et
puis moi, je n'y vois rien de mal, alors arrête de te défendre
inutilement... Et que peut-il y avoir de plus beau qu'un coup de foudre ? Surtout
quand il semble être réciproque...
- C'est vrai, tu le penses ?!" Au moment où elle avait fini sa
phrase, Sara s'aperçut que la promptitude avec laquelle elle s'était
exclamée ne pouvait que la trahir en plein. La vitesse avec laquelle
elle avait tourné la tête vers moi, les yeux plein d'espoir me
plongea dans un fou-rire incontenable, où elle me rejoignit, probablement
soulagée de pouvoir partager ses sentiments.
"
- Mon dieu, quelle foule pour de simples boissons ! J'ai bien cru me faire
piétiner ! Et bien, qu'y-a-t'il de si drôle ? Aurais-je manqué quelque
chose d'hilarant ?, nous interrogea Elistas lorsqu'il revint avec trois gobelets
dans les bras.
- Oh non, non, rien du tout... On se disait juste qu'on allait manquer le défilé des
Kafras si on ne s'activait pas un peu...
- Et c'est ce qui vous fait rire aux larmes ? C'est peut-être de l'humour
Izludien ? Enfin, quoi qu'il en soit, allons-y si vous le souhaitez !"
Mais il nous fallut une bonne minute supplémentaire pour réussir à nous
calmer et à ne pas renverser de l'hydromel plein nos habits, sous le
regard mi-amusé mi-perplexe de notre victime.
L'après-midi sembla passer en vitesse accélérée,
entre nouveaux émerveillements ("Elistas, ils marchent sur l'eau
!"), rencontres inopportunes ("Alors Sara, tu ne présentes
pas ce beau jeune homme à ta mère ?") ou surprenantes ("Sena,
Sena, c'est Cid et Ilena ! Et ils marchent bras dessus, bras dessous !")...
Tant et si bien que sans vraiment s'en rendre compte, la nuit tomba et les
torches s'allumèrent, plongeant la ville dans une lumière plus
tamisée et une atmosphère plus calme. Petit à petit, dans
un lent mais inéluctable mouvement collectif, la foule se rassembla
au nord de la capitale, devant le château royal, en prévision
du feu d'artifice traditionnel.
"
- Sara, Elistas, je ne me sens pas très bien, j'ai besoin d'aller me
rafraichir un peu... Mais continuez d'avancer... Et si je ne vous ai pas rejoint
d'ici la fin du feu d'artifice, retrouvons-nous vers la fontaine, d'accord
? A tout à l'heure..." Sans leur laisser le temps de répondre,
je m'éloignais d'eux, me retournant seulement pour envoyer à Sara
mon sourire le plus encourageant. Je me doutais bien qu'Elistas ne devait pas être
complètement dupe, mais j'espérais tout de même qu'il saurait
mettre à profit le romantisme du moment et répondre un tant soit
peu aux attentes inavouées de ma tendre amie.
Perdue dans ces pensées, je m'aperçus soudain que les lumières
de la ville diminuaient progressivement (d'une manière inexpliquée,
mais au terme d'une journée comme celle que je venais de vivre, cette
réflexion ne me choqua même pas), ce qui signifiait probablement
que le Roi et la Reine venaient de donner le coup d'envoi du spectacle. Je
me faufilais donc du mieux que je pus vers la fontaine, contre laquelle je
m'adossais, et au moment où je levais la tête, la première
gerbe colorée éclata dans le ciel sans nuages.
Si quelques instants plus tôt, je pensais bien avoir une idée
assez précise de ce à quoi cela allait ressembler, la succession
d'explosions surpassa vite en splendeur tout ce que j'avais osé jusque-là imaginer.
J'avançais même de quelques pas, comme si ces rosaces pastelles
m'attiraient à elle, comme si j'avais pu ainsi voir de plus près
la mirifique chorégraphie de ces multiples arcs-en-ciel... Debout, au
milieu d'une foule de gens de tous horizons, partageant tous la même
fascination et tous regardant dans la même direction, et pourtant me
sentant comme seule au monde, seule à m'oublier dans ce passionnant
combat entre le noir et ses opposants.
Et puis un souffle. Peut-être un frôlement. Peut-être même
juste une impression. Peut-être au niveau de la ceinture. Une caresse éthérée.
Insignifiante. Et pourtant troublante. Assez pour générer, de
manière presque inconsciente, un mouvement de ma main gauche. Comme
si mes doigts voulaient saisir une ombre. Ou un fantôme.
Ils se referment sur quelque chose de solide. Le Temps suspend son vol.
Dans ma tête, la voix de Cid. "Une agilité de voleuse, si
tu veux mon avis !". "Les vols sont légions durant la fête".
Déclic.
Je tiens son poignet dans ma main gauche. Un poignet qui n'est pas celui d'un
ectoplasme. Un poignet bien réél. Chaud. Je n'ai pas besoin de
serrer, ce poignet n'essaie pas de se dérober. Le Temps s'est arrêté.
J'arrache mon regard des hauteurs. Il tourne difficilement la tête. Nos
visages se font face.
Nos regards se croisent, se percutent, se mélangent, se lient. Je plonge
dans ses yeux, il plonge dans les miens.
Peut-être une seconde, peut-être dix. Ou une minute. Ou une vie.
Le lien se brise. Je cligne des yeux. Il n'est plus là.
Le Temps reprend son vol. Je reste figée.
" - Sena ! Sena ! Eh, tu m'entends ?"
Une main passa devant mon visage. Sara. Autour, les gens marchaient. Plus d'explosions
dans le ciel.
"
- Tu m'as fait peur, tu étais là toute raide, le regard dans
le vide... Cela faisait bien dix minutes que je te cherchais... Tu vas bien
?"
Sara. Je reprends mes esprits. Péniblement.
"
- J'ai rencontré un garçon... Je crois..."
Silence. Je parcours ma ceinture de ma main droite. Plus de bourse.
"
J'ai rencontré un garçon."
Sara m'entraîne. Vers un banc. Me fait asseoir. Me mets un gobelet dans
les mains et me dit de boire. Je bois. Hydromel.
"
- Tu as rencontré un garçon... ?
- Oui.
- Et ?
- Et plus rien."
Elle explose de rire, parle. Coup de foudre ? Elle ne comprend pas.
"
Tu ne comprends pas.
- Ah ?
- Ce n'était pas un coup de foudre. Je ne crois pas. Non, ce n'en était
pas un. Impossible.
- Impossible ? Et c'était quoi alors si c'était pas un coup de
foudre ?"
Je bois. Finis le verre. Déglutis.
"
C'était mon frère."
Je ne comprends pas ce que je viens de dire.
Cela fait peut-être une heure que nous marchons, Sara et moi. Aussi
lentement que silencieusement. J'ai l'impression que mon esprit a réintégré mon
corps après s'être absenté un moment, et pourtant, je n'arrive
toujours pas à éclaircir mes idées. Comme si en lieu et
place de tout souvenir ne restait que des sensations. Comme si je me réveillais
d'un long rêve. Demain matin. La nuit porte conseil, dit toujours Cid.
Nos pas nous portent vers l'auberge où la mère de Sara nous a
réservé une chambre. On rentre, "bonsoir", "ah
oui, au nom de Elis", "au fond du couloir à gauche", "chambre
7". Je cherche la clé dans ma poche, la trouve. Une pensée
m'assaille et stoppe mon geste.
"
- Eh mais, je ne t'ai même pas demandé ! Elistas ?" Je m'accroche à cette
portion de réalité, aussi fort que je souhaite que la réponse
de Sara soit positive.
"
Elistas...", me répond-elle évasivement. Le sourire béat
qui se répand irrépréhensiblement sur son visage m'indique
qu'elle n'a pas du voir le feu d'artifice en plein. Et c'est aussi soulagées
que fatiguées par cette journée riche en émotions que
nous pénétrons dans la chambre en riant.
" - Tiens, il y a un mot sur le guéridon... Probablement une ultime recommandation de maman... Ah non... C'est bizarre, j'ai du mal à comprendre, viens voir..."
09 Juillet. Morroc. Je t'attendrai.
" Probablement l'ancien occupant de cette chambre qui a oublié cela",
conclut-elle d'un air désinvolte et en haussant les épaules.
Mais je savais que la réponse, ce n'était pas cela. Je savais
que ce mot m'était destiné. Je le savais avant même qu'elle
ne retourne la carte.
"
- Sena... Au dos... Cet imprimé... C'est...
- Oui, ce sont les armoiries de ma cape."